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Fiche pays : Liban

L’accès, l’expérience et l’écart entre accès et expérience au Liban, vague 1 (2026) : résultats, interprétation et implications pour l’administration et la gestion publiques.

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Synthèse

L’accès déclaré au Liban s’établit à 59,2, au-dessus de la moyenne régionale de 57,1, et l’expérience déclarée à 56,2, au-dessus de la moyenne régionale de 51,3 ; l’écart qui en résulte est de +3,0 points, contre une moyenne régionale de +5,7. L’accès dépasse l’expérience dans 8 des onze domaines. L’écart absolu moyen de 12,5 points est inférieur à la médiane régionale de 12,9, ce qui indique une divergence relativement limitée entre les deux dimensions d’un domaine à l’autre.

Profil d’écart et synthèse

Le profil présente l’écart dans chacun des onze domaines ; la synthèse présente l’accès, l’expérience, l’écart et les types d’écart identifiés.

L’accès dépasse l’expérience dans 8 des 11 domaines. De grands écarts (20 points ou plus) apparaissent dans les domaines suivants : santé et soins (+23,5) ; et sécurité et police (+21,7) (accès supérieur à l’expérience) et loisirs et participation communautaire (−24,7) (expérience supérieure à l’accès). L’écart est inférieur à 5 points dans 2 des dix domaines de service public. Types d’écart : Écart accès–prestation, Écart d’interface administrative, Écart organisationnel et de coordination.

Source : A-SCOPE MENA, Arab Access and Experience Dataset 2026 · échantillons non probabilistes ; les scores décrivent les répondants.

Écarts par rapport à la configuration régionale

Par rapport à l’écart régional moyen de chaque domaine, l’écart au Liban est nettement plus élevé dans les domaines suivants : sécurité et police (+21,7 contre +10,8) ; et conditions environnementales (+10,6 contre +0,3) ; il est nettement plus faible, ou inversé, dans les domaines suivants : prestation de services et assistance (−19,4 contre −0,8) ; loisirs et participation communautaire (−24,7 contre −6,7) ; et relations familiales et sociales (+4,6 contre +19,4).

L’écart de l’État face à l’écart régional

Pour chaque domaine, le cercle indique l’écart de l’État et le losange l’écart régional moyen ; le segment gris représente la différence. Les domaines sont ordonnés selon cette différence.

Source : A-SCOPE MENA, Arab Access and Experience Dataset 2026 · échantillons non probabilistes ; les scores décrivent les répondants.

Types d’écart et déficits administratifs

Aux seuils retenus, le Liban présente 3 des cinq types d’écart : Écart accès–prestation ; Écart d’interface administrative ; et Écart organisationnel et de coordination.

Écart accès–prestation

Éléments : l’accès dépasse l’expérience de 20 points ou plus dans les domaines suivants : santé et soins ; et sécurité et police.

Déficit associé: Déficit de mise en œuvre et de prestation

Dimensions à examiner

  • Mise en œuvre: décalage possible entre les engagements formels des politiques et ce qui est effectivement délivré.
  • Processus de prestation: les procédures, routines et canaux par lesquels les services atteignent les usagers peuvent ne pas fonctionner de manière constante.
  • Administration de première ligne: les agents de guichet peuvent avoir des difficultés à appliquer les règles, à exercer leur pouvoir discrétionnaire ou à traiter les dossiers de manière cohérente.
  • Réactivité: les organisations peuvent être plus lentes ou moins aptes à répondre aux besoins, demandes et problèmes des usagers.
  • Qualité du service: les usagers peuvent rencontrer des problèmes de fiabilité, de délais, de cohérence ou de facilité d’usage alors même qu’ils accèdent au service.

Écart d’interface administrative

Éléments : de grands écarts s’observent dans les domaines suivants : santé et soins ; et sécurité et police, domaines de contact direct avec les institutions publiques qui représentent 67 pour cent des grands écarts au Liban.

Déficit associé: Déficit d’interface administrative

Dimensions à examiner

  • Procédures administratives: les usagers peuvent se heurter à des procédures complexes, peu claires ou difficiles dans leurs relations avec les organisations publiques.
  • Bureaucratie de première ligne: les interactions avec les agents publics peuvent façonner la manière dont les règles et les services sont vécus en pratique.
  • Pouvoir discrétionnaire: les agents de première ligne peuvent interpréter ou appliquer les règles différemment selon les cas ou les contextes.
  • Communication: l’information, les explications et les interactions entre organisations et usagers peuvent être insuffisantes ou incohérentes.
  • Réactivité: les organisations publiques peuvent avoir une capacité limitée à répondre aux demandes, aux problèmes ou à l’évolution des besoins individuels.
  • Réclamations et retours: les mécanismes permettant de signaler un problème, d’obtenir réparation ou d’influer sur l’amélioration du service peuvent être faibles ou difficiles à utiliser.

Écart organisationnel et de coordination

Éléments : un écart absolu moyen de 13,3 points sur les domaines de service public, supérieur à la médiane régionale de 11,7.

Déficit associé: Déficit de capacité administrative et de coordination

Dimensions à examiner

  • Capacité administrative: les organisations publiques peuvent subir des contraintes de personnel, d’expertise, de ressources, d’information ou de systèmes organisationnels.
  • Capacité organisationnelle: les organisations peuvent avoir du mal à mobiliser et à combiner les ressources disponibles pour délivrer les services de manière constante.
  • Cohérence de la mise en œuvre: la prestation peut varier selon les secteurs, les organisations ou les contextes, faute de dispositifs de mise en œuvre homogènes.
  • Institutionnalisation: les dispositifs administratifs peuvent ne pas être suffisamment ancrés, stables ou durables.
  • Fragmentation organisationnelle: les responsabilités peuvent être dispersées entre agences sans dispositifs de prestation suffisamment intégrés.
  • Coordination: organisations et secteurs peuvent avoir du mal à aligner responsabilités, informations, ressources et actions.

Implications pour l’administration et la gestion publiques

  1. Dans les domaines suivants : santé et soins ; et sécurité et police, où l’accès dépasse l’expérience de 20 points ou plus, la priorité porte sur la qualité de la prestation : la cohérence des pratiques de première ligne, la réactivité des organisations envers les usagers, ainsi que la fiabilité et la ponctualité des services que les résidents atteignent déjà.
  2. Dans les domaines suivants : loisirs et participation communautaire, où l’expérience dépasse l’accès de 20 points ou plus, la priorité porte sur l’accès : la conception des services, les règles d’éligibilité et le ciblage, l’information et la proximité, ainsi que la charge administrative et les canaux qui conditionnent l’entrée.
  3. Les grands écarts se concentrant dans des domaines de contact direct avec les institutions publiques (santé et soins ; et sécurité et police), l’interface administrative mérite examen : la clarté des procédures, la communication avec les usagers, la cohérence du pouvoir discrétionnaire de première ligne et l’accessibilité des mécanismes de réclamation et de recours.
  4. L’étendue de la divergence entre domaines renvoie à une mise en œuvre inégale selon les secteurs ; la coordination entre organismes, la capacité organisationnelle et l’institutionnalisation des dispositifs de prestation méritent attention.
  5. L’accès et l’expérience sont tous deux inférieurs aux moyennes régionales dans les domaines suivants : participation civique et voix ; et santé et soins ; dans ces domaines, le niveau de l’offre comme sa qualité méritent attention, indépendamment de l’écart.
  6. La mesure répétée de l’accès et de l’expérience dans les mêmes domaines permettrait d’apprécier dans le temps l’effet des réformes sur l’écart.

Données

n = 103 répondants. L’échantillon n’est pas probabiliste ; les scores décrivent les répondants plutôt que la population nationale. L’accès est mesuré surtout par des items oui/non et l’expérience par des échelles d’appréciation ; une partie de tout écart tient donc à la conception de l’instrument, et la comparaison d’un même domaine entre États constitue la lecture la plus défendable.