Synthèse
L’accès déclaré en Tunisie s’établit à 64,9, au-dessus de la moyenne régionale de 57,1, et l’expérience déclarée à 67,6, au-dessus de la moyenne régionale de 51,3 ; l’écart qui en résulte est de −2,7 points, contre une moyenne régionale de +5,7. L’accès dépasse l’expérience dans 4 des onze domaines. L’écart absolu moyen de 19,0 points est supérieur à la médiane régionale de 12,9, ce qui indique une divergence relativement large entre les deux dimensions d’un domaine à l’autre.
Profil d’écart et synthèse
Le profil présente l’écart dans chacun des onze domaines ; la synthèse présente l’accès, l’expérience, l’écart et les types d’écart identifiés.
L’accès dépasse l’expérience dans 4 des 11 domaines. De grands écarts (20 points ou plus) apparaissent dans les domaines suivants : logement (+26,2) ; emploi, revenu et finances (+26,0) ; et sécurité et police (+23,6) (accès supérieur à l’expérience) et loisirs et participation communautaire (−46,8) ; et accès et usages numériques (−35,5) (expérience supérieure à l’accès). L’écart est inférieur à 5 points dans 2 des dix domaines de service public. Types d’écart : Écart accès–prestation, Écart accès–portée, Écart organisationnel et de coordination.
Source : A-SCOPE MENA, Arab Access and Experience Dataset 2026 · échantillons non probabilistes ; les scores décrivent les répondants.
Écarts par rapport à la configuration régionale
Par rapport à l’écart régional moyen de chaque domaine, l’écart en Tunisie est nettement plus élevé dans les domaines suivants : emploi, revenu et finances (+26,0 contre +8,8) ; sécurité et police (+23,6 contre +10,8) ; logement (+26,2 contre +13,5) ; et participation civique et voix (+13,7 contre +3,0) ; il est nettement plus faible, ou inversé, dans les domaines suivants : loisirs et participation communautaire (−46,8 contre −6,7) ; santé et soins (−1,6 contre +24,2) ; relations familiales et sociales (−5,7 contre +19,4) ; accès et usages numériques (−35,5 contre −10,6) ; éducation et formation (−13,4 contre +1,1) ; et prestation de services et assistance (−15,0 contre −0,8).
L’écart de l’État face à l’écart régional
Pour chaque domaine, le cercle indique l’écart de l’État et le losange l’écart régional moyen ; le segment gris représente la différence. Les domaines sont ordonnés selon cette différence.
Source : A-SCOPE MENA, Arab Access and Experience Dataset 2026 · échantillons non probabilistes ; les scores décrivent les répondants.
Types d’écart et déficits administratifs
Aux seuils retenus, la Tunisie présente 3 des cinq types d’écart : Écart accès–prestation ; Écart accès–portée ; et Écart organisationnel et de coordination.
Écart accès–prestation
Éléments : l’accès dépasse l’expérience de 20 points ou plus dans les domaines suivants : logement ; sécurité et police ; et emploi, revenu et finances.
Déficit associé: Déficit de mise en œuvre et de prestationDimensions à examiner
- Mise en œuvre: décalage possible entre les engagements formels des politiques et ce qui est effectivement délivré.
- Processus de prestation: les procédures, routines et canaux par lesquels les services atteignent les usagers peuvent ne pas fonctionner de manière constante.
- Administration de première ligne: les agents de guichet peuvent avoir des difficultés à appliquer les règles, à exercer leur pouvoir discrétionnaire ou à traiter les dossiers de manière cohérente.
- Réactivité: les organisations peuvent être plus lentes ou moins aptes à répondre aux besoins, demandes et problèmes des usagers.
- Qualité du service: les usagers peuvent rencontrer des problèmes de fiabilité, de délais, de cohérence ou de facilité d’usage alors même qu’ils accèdent au service.
Écart accès–portée
Éléments : l’expérience dépasse l’accès de 20 points ou plus dans les domaines suivants : loisirs et participation communautaire ; et accès et usages numériques.
Déficit associé: Déficit de conception des services et d’accèsDimensions à examiner
- Conception des services: la manière dont les services sont structurés peut les rendre difficiles à atteindre pour les usagers visés.
- Éligibilité: les règles formelles d’éligibilité peuvent restreindre qui peut entrer dans les services ou en bénéficier.
- Ciblage: les programmes peuvent avoir du mal à identifier ou à atteindre les bénéficiaires visés.
- Information et proximité: les usagers potentiels peuvent manquer d’information sur les services disponibles ou sur la manière de les obtenir.
- Charge administrative: les exigences d’apprentissage, de conformité, de documentation et de procédure peuvent créer des obstacles à l’entrée.
- Canaux d’accès: les dispositifs géographiques, financiers, numériques ou procéduraux peuvent limiter l’accès effectif.
Écart organisationnel et de coordination
Éléments : un écart absolu moyen de 20,3 points sur les domaines de service public, supérieur à la médiane régionale de 11,7.
Déficit associé: Déficit de capacité administrative et de coordinationDimensions à examiner
- Capacité administrative: les organisations publiques peuvent subir des contraintes de personnel, d’expertise, de ressources, d’information ou de systèmes organisationnels.
- Capacité organisationnelle: les organisations peuvent avoir du mal à mobiliser et à combiner les ressources disponibles pour délivrer les services de manière constante.
- Cohérence de la mise en œuvre: la prestation peut varier selon les secteurs, les organisations ou les contextes, faute de dispositifs de mise en œuvre homogènes.
- Institutionnalisation: les dispositifs administratifs peuvent ne pas être suffisamment ancrés, stables ou durables.
- Fragmentation organisationnelle: les responsabilités peuvent être dispersées entre agences sans dispositifs de prestation suffisamment intégrés.
- Coordination: organisations et secteurs peuvent avoir du mal à aligner responsabilités, informations, ressources et actions.
Implications pour l’administration et la gestion publiques
- Dans les domaines suivants : logement ; sécurité et police ; et emploi, revenu et finances, où l’accès dépasse l’expérience de 20 points ou plus, la priorité porte sur la qualité de la prestation : la cohérence des pratiques de première ligne, la réactivité des organisations envers les usagers, ainsi que la fiabilité et la ponctualité des services que les résidents atteignent déjà.
- Dans les domaines suivants : loisirs et participation communautaire ; et accès et usages numériques, où l’expérience dépasse l’accès de 20 points ou plus, la priorité porte sur l’accès : la conception des services, les règles d’éligibilité et le ciblage, l’information et la proximité, ainsi que la charge administrative et les canaux qui conditionnent l’entrée.
- L’étendue de la divergence entre domaines renvoie à une mise en œuvre inégale selon les secteurs ; la coordination entre organismes, la capacité organisationnelle et l’institutionnalisation des dispositifs de prestation méritent attention.
- L’accès et l’expérience sont tous deux inférieurs aux moyennes régionales dans les domaines suivants : éducation et formation ; et prestation de services et assistance ; dans ces domaines, le niveau de l’offre comme sa qualité méritent attention, indépendamment de l’écart.
- La mesure répétée de l’accès et de l’expérience dans les mêmes domaines permettrait d’apprécier dans le temps l’effet des réformes sur l’écart.
Données
n = 251 répondants. L’échantillon n’est pas probabiliste ; les scores décrivent les répondants plutôt que la population nationale. L’accès est mesuré surtout par des items oui/non et l’expérience par des échelles d’appréciation ; une partie de tout écart tient donc à la conception de l’instrument, et la comparaison d’un même domaine entre États constitue la lecture la plus défendable.